Idées éparses

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Les yeux se ferment tous seuls mais dans un dernier effort je vous écris.

Je pense à vous tous qui remettez péniblement votre manteau & y ajoutez un à un les éléments phares d’un automne réussi. Viennent insidieusement les gros pulls sous les petites vestes, l’écharpe fait son entrée puis les gants se joignent à la tenue idéale…

C’est amusant parce qu’ici c’est tout à fait différent. Je viens de quitter l’écharpe. Tout doucement je l’ai d’abord porté à la main puis elle s’est rangée dans mon sac durant de longues journées. Aujourd’hui elle est sagement pendue dans ma chambre, tristement négligée. J’ai aussi sorti les sandales, la salopette et peut être que bientôt je pourrai me parer de mon bikini. Mais en attendant les belles journées passées à la plage, on en voit du pays !

Le concert de Rihanna est enfin passé. Sille & moi trépignons d’impatience.

Si vous saviez … Le stadium est gigantesque. Infiniment grand, surtout pour une minuscule personne comme moi. Et les gens grouillaient de partout. La lune a pointé le bout de son nez juste avant la pop star, elle a fait son petit effet avec ce toit ouvert sur les étoiles. Et puis Rihanna est arrivée. Je ne me souviens de rien, juste le temps de commencer à crier que le spectacle était terminé. Je crois que j’étais dans un état d’hystérie second, ainsi tout s’explique. J’avoue que c’était chouette quand même.

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Dans le même quartier, Sea Point, nous avons fait la Color Run. Cinq kilomètres à se faire agresser par des individus munis de poudre colorée. La Color Run c’est un peu un dérivé du festival qui se déroule en Inde. Celui que la pub Canon met en exergue pour un appareil photo au prix exorbitant alors que, croyez moi ou non, ce type d’appareil de subit pas ce traitement impunément. Le but est de courir sur 5 kilomètres, mais autant vous dire que nous avons marché et pris des photos. OUI MAIS pour notre défense tout le monde marchait & l’on ne pouvait pas courir dans de telles conditions. C’était tout de même très réjouissant comme événement. Et enfin, lorsque 1 000 personnes lancent leur poudre ensemble c’est tout bonnement magique.

Faites un tour sur le site internet si vous avez le temps (ce dont je ne doute guère puisque vous venez de passer trente minutes à lire mes bêtises, oui parce que vous lisez lentement).

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Sille & moi à la fin des 5K, on n’a pas l’air fatiguées… C’est normal la « course » c’était un truc d’escroc!

Il y a aussi ce club hors du temps où le twist est roi (ainsi que le hipster à la chemise bariolée de coqs). Je suis convaincue que les padres auraient enflammés le dancefloor avec leurs pas de rock endiablés et botté les fesses de ces petits jeunes prétentieux. Ceci dit, vous auriez eu honte de moi. J’ai tout de même tenté quelques figures passe-partout avant de prendre l’air autour d’une cigarette. Et puis Sille m’a dit qu’il ne restait plus que trois semaines avant que nos invités n’arrivent de nos pays respectifs… et j’ai pleuré comme un crocodile.  Mais en fait elle s’était trompée, plus que quatre semaines. QUATRE SEMAINES ET DIX JOURS, C’EST COMME SI JE RENTRAIS DEMAIN. Je ne peux pas rentrer maintenant, je suis trop jeune encore !

Il y a les instants futiles mais enivrants puis viennent les instants plus bouleversants.

L’association nous a permis de faire un tour dans un quartier informel, un township. Et là, des relents amers d’images d’Expositions Coloniales nous assaillent. La première impression c’est de faire partie d’un groupe de jeunes européens suffisamment riches pour être en Afrique du Sud et présents pour contempler la misère humaine. Sentiment de dégout envers soi qui persiste, qui s’accroche qui ne nous lâche pas un instant. Et nous déambulons parmi ces gens comme l’on se baladerait dans un zoo à la recherche de l’animal le plus bizarre, le plus émouvant afin de prendre des photos. Partagée entre l’envie d’immortaliser ce moment et les pseudos valeurs qui se bousculaient dans mon esprit j’ai préféré baisser la tête et attendre la fin de cette marche bien plus que  dérangeante.

Ce n’est qu’un prétexte pour atténuer la chose mais notre « township tour » n’était pas payant. Il était dispensé par un membre de l’association travaillant dans un centre communautaire pour l’éducation des jeunes au sein de ce même township. Mais je ne cesse de penser à ces « township tour » que mettent en avant toutes les agences de voyages au Cap. Ne me dites pas que l’argent des touristes revient aux habitants, c’est absurde. Comment peut on faire commerce sur la misère des gens (question rhétorique, je n’ai plus quatre ans).  Imaginez le tour des bidonvilles d’Ile de France comme attraction touristique.

 Je ne veux pas faire de morale ni avoir le rôle de la bien pensante mais croyez moi, se rendre là-bas en tant que touriste était honteux.

 C’est ainsi que je vous laisse, peut être aussi amères que moi, peut être outrés par ma naïveté, peut être agacés par la pseudo morale d’une fille de vingt-deux ans allant à un concert de Rihanna et découvrant la vraie pauvreté mais enfin, le but étant de partager chaque pas effectué en Afrique du Sud, je me suis permise.

 Belle semaine les amis & à très vite.

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Ah oui & j’ai aussi grimpé la Table Mountain à pieds les copains !

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Le stadium vu d’en haut

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Et j’ai même assisté à un sauvetage avec HELICOPTERE !

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Le vague à l’âme

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Les amis,

Parfois on a beau tout essayer pour se sentir chez soi, s’occuper un peu, beaucoup pour oublier qu’on n’est pas dans son milieu mais il y a toujours un petit quelque chose qui manque. Un petit rien du tout qui vous rappelle qu’ici vous n’êtes pas chez vous et que vous ne parviendrez jamais à retrouver cette sensation. Alors les journées passent difficilement & je regarde avec nostalgie vos photos, signe d’un amour sans conteste & je me sens encore plus malheureuse …

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Ezo, 30 avril 2011, BPI

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Julie B., 14 juillet 2013, Saintry

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Nono, 25 août 2013, Dax

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Sal’té d’Noopy, 25 août 2013, Dax

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Hélène, 31 août 2013, Athis

Mais depuis j’ai rencontré Sille et je ne pense plus du tout à vous.

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Sille, 13 octobre 2013, Table Mountain

A bon entendeur, Salut !

Et quand le soleil pointe le bout de son nez

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Les journées se réchauffent et le temps s’accélère.

Dans une semaine le concert de Rihanna (je ne tiens pas à me justifier, chacun ses petits plaisirs honteux mais quand même j’y vais avec Sille & ici écouter Rihanna ce n’est pas la même chose, c’est entrainant & puis tout le monde chante en chœur quand les premières notes de ses musiques se font entendre & puis je comprends les paroles parce qu’elles ne sont pas trop dures & puis Diamonds c’est un peu la chanson des fins de soirées, de celles qui restent en tête alors qu’on est sur le chemin du retour, à cinq heures du matin dans les rues de Paris, alors qu’on attend notre métro avec une copine après une soirée passées à virevolter, à sauter, à crier, une parfaite nuit d’été, lorsque l’on est en petite robe et que la brise rafraichit l’air chaud, de ces soirées à deux que l’on savoure avant de prendre un chemin différent. Quand l’une part à Marseille & que l’autre part en Afrique. Enfin bref, je vais au concert de Rihanna & je l’assume).

Dans deux semaines nous serons en novembre, le mois de mon retour, mes vingt-huit derniers jours au sud du continent africain, après un an à attendre ces quatre vingt dix jours. Et tout ça prendra fin en seize heures. Seize heures dans deux mètres carré avec en tête, une ville entière, des souvenirs qui prendront beaucoup de place mais pas autant que mes deux nouvelles petites robes, ma nouvelle veste à petits carreaux vichy sur le revers, mon nouveau short incontournable de chez Top Shop et mon super, adorable & terriblement mignon petit Polaroid (entre Rihanna et les achats compulsifs je veux bien croire que vous me trouviez superficielle mais vous vous en doutez les vraies choses restent dans le cœur & ici elles sont si nombreuses que je ne peux les partager via une page Microsoft Word, mais prenons rendez-vous & je pourrai vous abreuver d’anecdotes édifiantes, d’histoires drôles & moins drôles & de celles qui ressemblent à toutes les autres). 

Et dans cinq semaines, le frère qui vient faire un bout de chemin avec moi. 

Mais se focaliser sur ce qu’il s’est passé avant de penser au départ, se remémorer de jolies choses, de beaux souvenirs …

Piocher par hasard l’un d’entre eux, comme cette journée où Pam m’a amené avec elle voir le match de rugby Springboks (équipe Sud africaine) contre les All Blacks.

Sille & moi sommes allées au Old Biscuit Mill pour faire le plein de délicieuses choses à déguster. Avons gouté tous les pestos, avec de la roquette, de la coriandre, du basilic, des olives, tous les fromages, les plus forts, les plus doux, avons trouvé du saucisson, celui nommé « Toulouse » et ceux au vin blanc, quelle idée. Après abuser de la gentillesse de tous les marchands, s’arrêter boire un verre de vin blanc accompagné d’une crêpe au caramel fait maison. Retourner dans la gigantesque tente aux parfums envoutants & acheter frénétiquement tous les mets, ne rien oublier, enivrées par les odeurs avoir peur de manquer de quelque chose. Puis retrouver les autres volontaires autour d’un nouveau verre de vin, saviez vous que l’Afrique du Sud était connue pour ses vignobles ?

Puis rentrer à Heathfield, chargées comme des bourriques. Retrouver Pam et partir, en route pour le match. Parier en chemin avec elle que les Springboks l’emporteront, la provoquer parce qu’elle est pour les All Blacks. Voir le match, sur un grand écran, installé pour l’occasion dans la salle à manger, accueillies par le frère de Pam et par tous les autres. Une dizaine de personnes hurlant à chaque action, la sœur de Pam à genoux devant un joueur des All Blacks à deux doigts de marquer un point, entendre « Fuck » chaque minute, les verres que l’on fait s’entrechoquer à chaque bonne action, les langues que l’on tire à ceux qui encouragent le camp adverse … et perdre 10 rands.

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La Magie qui peut frapper à tous les coins de rue sous les yeux ébahis des grands & des plus petits

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Django le puppy & moi, instant immortalisé par mon Polaroid super chouette

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La vue du train direction Kalk Bay un dimanche en plein mois de Novembre. Si seulement le RER C nous permettait d’avoir le même tableau !

Ou bien voir l’archevêque Desmond Tutu le jour de son anniversaire.

Venir nettoyer une plage pour une association & une fois sur place, se rendre compte que la plage est déjà propre. Se retrouver alors dans un township choisi à la dernière minute car les volontaires étant nombreux, l’embarras était de taille. Voir arriver une horde de journalistes prendre en photo les détritus jonchant le sol, interviewer les habitants incrédules et se bousculer pour prendre en photo le prix Nobel de la paix cuvée 1984. Puis le chaos autour d’un carton amené aux pieds de l’archevêque, l’ouverture de ce dernier et apercevoir un petit pingouin totalement terrifié par l’ambiance électrique du moment. Photo, clic clac Kodak & Monsieur Tutu se fait la belle. Quinze minutes pour montrer au monde entier qu’il a pris de son temps pour la communauté. C’est décidé, je ne croirai plus les journaux du soir vantant les mérites d’un vieux monsieur de quatre vingt deux ans ayant passé la journée à nettoyer les rues de Cape Town.

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Le chaos devant Desmond Tutu. Ramasser une brindille n’est pas une sinécure !

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L’adorable petit pingouin

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Desmond Tutu, je sais … Je vous impressionne.

Et finir l’article, prise d’un doute, se dire que peut être l’Afrique du sud ce n’est pas extraordinaire comme l’on pourrait se l’imaginer. Que cela n’est pas du tout ce à quoi l’on s’attendait & que peut être je vous ennuie avec mes balivernes. Mais dieu que c’est exaltant lorsque l’on est sur place !

PS : Un dernier mot pour vous dire que … J’AI RENCONTRE L’EX DE LA FILLE DE KEVIN CARTER !

(et que j’ai croisé deux DS3)

Bon automne à vous les amis !